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Le disque précieux de Philippe Bianconi // Pianiste

Le raffinement de l'écriture paraît ici dépassé et c'est le naturel du phrasé et des couleurs qui jaillit. Mélange de distinction, de sensualité, de rondeur des timbres, de refus de toute objectivité...

Le piano de Debussy se laisse dompter par le plaisir et la souplesse d'un regard qui va à l'essentiel. C'est-à-dire que les aspérités du langage deviennent ludiques. Cette écriture qui fait si peur parce que tellement exigeante, devient évidente sous un toucher d'une rare séduction. Philippe Bianconi n'essaie pas de démontrer quoi que ce soit, ou de rivaliser avec un quelconque modèle. Il traduit la beauté de l'instantané, sur le fil du rasoir, à la manière d'une conversation.

Assurément une optique insoluble dans une salle de concert, mais dont on tirera tellement profit si l'on hasarde ses doigts au gré de ces pages miraculeuses de vie.


Pianiste (septembre/octobre 2012), Stéphane Friederich