EnglishFrançais
Philippe Bianconi, un OVNI dans tout son mystère // Musikzen

Subjectifs ou descriptifs ? Mais parlant de qui, décrivant quoi ? Impressionnistes ou symboliques ? Mais comment prendre parti en les jouant ?

On peut aussi définir les Préludes de Debussy par ce qu'ils ne sont pas : rien à voir avec les états d'âme, les bribes de subconscient des Préludes de Chopin. Pas facile non plus de s'appuyer sur leurs titres, pourtant hautement évocateurs - Les Sons et les parfums tournent dans l'air du soir, La Cathédrale engloutie, La Terrasse des audiences au clair de lune – d'ailleurs indiqués par le compositeurs en fin de morceau, comme pour rappeler à l'auditeur qu'il ne s'agit que de préludes à... Mais à quoi ? On choisira donc, ou pas, entre les options de Walter Gieseking (jeux de lumière, angoisse diffuse) ou d'Arturo Benedetti Michelangeli (fascination maniaque d'un monde inhabité), voire celle de Krystian Zimerman (subjectivité assumée, parfois trop).
Philippe Bianconi, pianiste niçois plus justement reconnu à l'étranger que dans son propre pays, s'appuie sur les deux piliers - pour ne pas dire les garde-fous - de l'interprète debussyste : la sonorité et l'exactitude musicale. Il nous donne non pas des Préludes « du juste milieu », ce qui serait réducteur, mais de sublimes pièces à la fois très simples et très mystérieuses, ce qui paraîtra frustrant aux Giesekino-Michelangeliens, mais caractérise bien ces deux fois douze ovnis musicaux sur lesquels on ne finira jamais de s'interroger.


Muzikzen