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Philippe Bianconi et l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg // Concertonet

Rien qu'en observant la démarche de Philippe Bianconi, mettant le cap sur le piano d'un pas aussi décidé que s'il s'agissait d'embarquer sur un voilier en partance, on se dit que l'aventure promet de ne pas être de tout repos.

Sans doute se laisse-t-on aussi influencer par la réputation du Troisième Concerto de Rachmaninov, partition monstrueuse que même les plus grands virtuoses n'abordent, sinon avec appréhension, du moins nantis d'un certain conditionnement psychologique préalable. Philippe Bianconi ne laisse paraître aucune vraie notion de difficulté, voire rend ce concerto long et touffu d'une étonnante lisibilité. Les effets de manche habituels sont remplacés par l'impact souverain d'une mécanique digitale précise, qui clarifie une écriture harmonique où règne pourtant en maître l'art de complexifier le discours par des myriades de « notes à côté ». L'auditeur, impressionné comme il se doit par cette maîtrise musculaire, apprécie peut-être plus encore d'être constamment guidé, sans aucune possibilité de relâcher son attention.


Concertonet (février 2012), Laurent Barthel