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Philippe Bianconi : le piano libéré // Le Figaro

À cinquante ans, Philippe Bianconi vient de donner son premier récital au Théâtre des Champs-Élysées.

On n'a jamais tout à fait compris la discrétion de la carrière (française, en tout cas !) d'un pianiste dont la démarche musicale est marquée par l'honnêteté, l'élégance et la sensibilité. Un art classique, naturel, qui sait toucher au coeur des partitions.

Le long silence recueilli qui suit les Davidsbündlertänze de Schumann et l'ovation debout confirment que quelque chose est en train de se passer. Longtemps bridé dans son expression par une trop grande retenue, Bianconi fait aujourd'hui corps avec son instrument et, porté par une liberté nouvelle, fait parler la poésie de Schumann sans édulcorer sa folie. Il atteint des sommets de souplesse et de couleurs dans un Gaspard de la nuit rendu à sa transparence mais au mystère intact. Nos grands orchestres ne peuvent continuer à ignorer plus longtemps le moins médiatique, mais le plus musicien des pianistes français de sa génération.


Diapason (juin 2011), Christian Merlin