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Le lyrisme sublimé de Bianconi // ConcertClassic

À la différence des orchestres parisiens qui snobent l'artiste d'assez invraisemblable manière, le Philharmonique de Monte-Carlo se rend compte lui d'une évidence : Philippe Bianconi est l'un des très grands pianistes français de notre temps. 

 On attendait beaucoup de sa rencontre avec Yakov Kreizberg dans le second Concerto de Rachmaninov : elle a dépassé les espérances. Lorsque l'on dispose d'un partenaire aussi intelligemment attentif que Kreizberg, les conditions sont réunies pour atteindre des cimes. D'une classe irrésistible, noble mais jamais boutonnée, l'interprétation de Philippe Bianconi sonde les beautés de la partie soliste, en parfaite osmose avec un orchestre qui, pareil à la vague sur le sable, tantôt fusionne avec le piano, tantôt se retire lui laissant tout loisir de déployer un lyrisme aussi fervent qu'épuré, servi par une palette sonore infiniment nuancée (quel Adagio !). Rebattu, souvent dévoyé, le Concerto en ut mineur s'impose dans sa brûlante et secrète majesté, avec une simplicité à l'image de ses serviteurs.
 

ConcertClassic (7 novembre 2010), Alain Cochard